Note d'intention

Il m'a fallu un certain temps (une trentaine d'années) pour comprendre que ma peinture est portée par la recherche d'un lieu, d'une possibilité d'habiter le monde.
Mais il faudrait parler plutôt d'invention d'un lieu. Car la mémoire est mon outil, ou s'entassent motifs et fragments de réalité, impressions et traces de vision associant un lieu, un moment, une image. Ma peinture est une forme d'anamnèse, la reconstruction d'un souvenir : une fiction.

Je travaille sur la série des Boiseries depuis l'été 2017 ; elle se développe aujourd’hui dans le projet « Faux-raccords » : environnemer pictural et sonore immersif.
Le végétal prolifère, dans un traitement volontiers décoratif et artificiel. Mais il ne s'agit pas de paysage ; il s'agit d'égarement, et d'enveloppement : comme on se perd en forêt.
Forêts ou lisières – qui relèvent aussi bien de l'artifice du papier peint – accueillent le regard, et l'inquiètent. Une fausse nature, ambiguë, quelque part entre les tropiques rêvés Paul et Virginie et l'inquiétude de nos peurs d'enfants, celles du Petit Poucet.
Mémoire personnelle de voyages anciens peut-être, d'îles, de forêts primaires ; et tentative en peinture pour réinventer ce lieu.

Lieu proche, mais frontal et inaccessible ; impénétrable et inhabitable, comme semble le dire la présence étrange et extérieure de ces figures plaquées, improbables dryades, comme en exil.

 

 

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