Prochaine exposition

Le PARI - Tarbes

du 12 janvier au 05 février 2017

 

... autour d'Oscar Wilde ...

 

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Textes, éclairages et réflexions sont regroupés sur trois pages :

 

 

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Intention / Statement

 

Je peins comme un cartographe, pour rétrécir le monde et le ramener à l'échelle de l'image. C'est à dire à mon échelle.
C'est de cette façon qu'il s'organise en récit.

Ma méthode est simple.
Je mets en contact des motifs souvent convenus, immédiatement identifiables (damier, coucher de soleil, végétaux) ; des objets associés à des expériences singulières, mais décontextualisés ; des figures, prises dans un « état » du corps ; des animaux parfois.

Je ne prends pas de note ; je m'arrête rarement mais je regarde, souvent en passant. Puis je me souviens : un avion trop blanc montant dans un ciel trop bleu ; un empilement de parpaings dans un paysage désert ; une maison, schématique comme un pictogramme, sur les coteaux d'une île tropicale ; la couleur étrange du ciel lorsque je me lève. Autant de micro-interruptions dans la continuité du temps.

Ces moments produisent des « images partielles » sans aucune valeur en elles-même mais qui se constituent en lexique figuratif : repères qui balisent le temps et tracent la trame d'un récit possible, d'un usage du monde.
Des notes de mémoire pour une fiction qui n'est ni autobiographique, ni anonyme, mais plutôt un lieu-commun : ce que je montre est connu de tous.
Il n'y a pas de sens caché. Mais je cherche, dans une distance problématique, l'intuition d'un sens possible.

Cette distance est essentielle au récit.
C'est elle que je retrouve dans les cartes marines anciennes, les portulans médiévaux ou renaissants auxquels je fais parfois allusion : autant d'inventions du monde construites sur l'expérience des voyageurs et sur leurs récits, mais aussi sur la littérature ou les mythes anciens.
Une invention hybride que je veux sentir dans la peinture, parce qu'elle-même relève de la cartographie, du plan, d'une projection du monde.

Une abstraction finalement, que je retrouve de façon peut-être paradoxale dans le motif du drapé auquel je reviens régulièrement. Accessoire classique omniprésent, il est une pure occasion de peinture et d'expérience du plan ; cartographie qui impose un regard contemplatif mais tendu dans la compréhension des ses replis, en assumant l'horizon d'une présence charnelle.
Le corps, dans ma peinture, n'est jamais bien loin ; serait-il minéral comme l'est une falaise.

Artifice, récit, mémoire : il s'agit de faire parler la peinture, sans qu'elle soit littéraire. Le tableau (je tiens à ce mot qui dit bien la tabula) doit regarder lui-même pour n'être pas un rébus.

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