Oscar Wilde et Oscar Wilde


 

 

Que voir ? Que montrer dans la littérature d'Oscar Wilde ? Peu de choses en fait.
L'intérêt du personnage et de son œuvre, pour un peintre, se trouve dans les marges, là où la pose et l'esprit cessent d'agir et où se dévoilent les ambiguïtés, les contradictions et finalement les impasses d'une vie.
Ironie et paradoxe ; raffinement et artifice : si l'œuvre de Wilde est pétrie de fiction, sa vie elle-même ressemble à la construction d'un récit.
Il faut relire Oscar Wilde pour s'apercevoir que dernière le costume flamboyant et l'intelligence caustique du brillant dandy, se tient une ombre incertaine et troublée. C'est aussi Oscar Wilde ; l'autre face, celle qui ressurgit dans De profundis. Il faut relire Oscar Wilde pour apercevoir l'importance récurrente du double qui traverse l'homme et l'œuvre, et donne à l'éclat de sa carrière un fond d'anxiété dont seul le culte de la beauté semble devoir atténuer les effets, éloigner les démons.
C'est ce que j'ai fait : lire ou relire, du roman à la poésie, de la critique au théâtre.
Et c'est cette ombre qui a retenu mon attention. Parce que travailler sur un auteur, sur un poète ou un écrivain ne peut se réduire à l'illustration biographique ou romanesque.
Ces fragments sont le matériau d'une peinture construite entre mémoire et document, entre distance de l'image et proximité du portrait, ou de l'autoportrait, par procuration.