Le tic de la coulure

Je m’interroge sur cette omniprésence de la coulure dans la peinture contemporaine qui, à force de répétition, finit par basculer dans le poncif visuel. Une sorte de réflexe dont on peut se demander ce qu’il dit, voire ce qu’il cache. Surtout lorsqu’on constate sa récurrence dans un type de peinture, si répandu, marqué par l’utilisation sensible d’un modèle photographique.

La coulure apparait vite, dans ce contexte, comme l’expression d’une mauvaise conscience : une façon de réaffirmer la présence de la peinture là où s’exerce la prégnance de l’image. Si ça coule, c’est de la peinture. Affirmation inscrite dans un motif qui fait ainsi à bon compte l’économie de la question proprement picturale dans une époque saturée d’images.

Un alibi en quelque sorte.

Finit ainsi par s’imposer le sentiment d’une affèterie qui prend la forme d’une salissure élégante et convenue produisant au final l’effet inverse de celui qu’elle vise, en se figeant dans la neutralité du motif décoratif.

Je n’échappe pas, quelquefois, à cette manie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *