En marge

Je ne crois pas un instant en une quelconque continuité entre l’art et la vie. Ce sont deux champs séparés. Constitutivement séparés ; à moins de faire de l’art une pratique soluble dans la vie au point de s’y résoudre et de s’y dissoudre. Mais Fluxus même n’y est pas parvenu, et ce d’autant moins qu’il n’a jamais produit autre chose que de l’art.

C’est ainsi que je comprends la formule restée célèbre de Filliou, « l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » : l’affirmation d’une altérité radicale, irréductible et constitutive.

Être dans l’art, c’est donc se positionner sinon en dehors, du moins en marge, et cette marge est un poste d’observation, voué à l’inaction. Ce qui explique peut-être en partie pourquoi aucune œuvre n’est jamais parvenue à changer quoi que ce soit.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *