Motif et fiction

Je parlais de « motif », au double sens de motif visuel et de raison, ou de mobile. Ce sont d’abord de petites choses, au premier abord sans grand intérêt.

Mais il y a en peinture des moments ou le désir cristallise.

Par motif je ne désigne que ceci : des objets de peinture qui sont en apparence moins attachés à un sens, à une fonction descriptive ou narrative qu’au désir ; et au désir, peut-être, d’une fiction. Drapés, bateaux en papiers, masques, herbes, damiers ou parpaings sont autant d’occasions d’une forme de littéralité en peinture, dont le caractère anodin tient lieu de sujet, c’est à dire de sens possibles mais irrésolus et dont je ne suis pas certain de posséder le dernier mot.

Pour autant ils ne sont pas choisis au hasard car c’est justement ce caractère anodin qui retient mon attention lorsque se présente en eux la possibilité de ne rien dire avec l’insistance d’un discours. Si je parle ainsi fictions, c’est dans la mesure où ce terme évoque quelque chose de l’artifice et du construit, mais en dehors de toute volonté de fixation ou de résolution dans l’évidence d’une image lisible.

C’est ici une autre façon de désigner ce que j’évoquais à propos d’une peinture sans objet.

Je mentirais cependant en disant qu’il n’y a dans ces images (pour le coup …) rien de concerté ou qu’une forme de littéralité. Les arbres ne s’enracinent pas dans le ciel, les bateaux ne sont pas de papier et les masques n’ont pas ce sourire sans motif, ou du moins sans précisément incarner un désir et un choix.

Ce que j’essaierai d’aborder plus tard.

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