Être classique et régler ses comptes – II

Après quelques années d’inactivité, j’ai renoué avec la peinture par une série de drapés.

Il me fallait une occasion de peindre sans que se pose la question du sujet ; ou plutôt la question de l’objet. Une peinture sans objet, donc,  mais qui colle à la surface, la contamine et prenne le regard (le mien d’abord) dans la nécessité de poursuivre le travail, la peinture et le cadre jusqu’à la saturation. Une situation qui impose quelque chose à peindre.

Le drapé fut l’occasion de cette tension liée à la question banale du « quoi peindre ». Et si le drapé s’est présenté plus qu’il ne fut choisi c’est probablement en partie parce qu’il est accessoire. Élément secondaire dans la hiérarchie des objets figuratifs, motif classique s’il en est, le drapé constitue l’un de ces motifs secondaires mais je crois fondateurs par lesquels la peinture s’exprime en tant que peinture. J’y reviendrai.

Régler ses comptes avec le classicisme signifie que la peinture reste possible dans quelques-unes de ces figures marginales et omniprésentes, où elle se montre en tant que matière et corps de l’image, indépendamment du « sujet ». Délivrées du même coup de ce que les peintures ont d’ancré dans ce qui est définitivement révolu, achevé du point de vue historique : une époque, un style, un moment de l’histoire de l’art. Là encore, j’y reviendrai.

(Une logique inverse, pour le coup, de celle qui permet à Garouste, dans sa réflexion sur le « classique », d’affirmer la priorité du sujet).

Contre le « sujet », ou bien en marge, se pose ainsi le « motif », au double sens de motif visuel et de raison, ou de mobile.

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