La peinture sans enjeu

Parmi d’autres choses, ce blog a vocation à tenter d’éclairer les enjeux de ma peinture. Et au moment de rédiger un premier article en ce sens, je m’aperçois qu’il est peut-être mort-né lorsque je constate qu’il m’est impossible de formuler ce qui pourrait ressembler à une problématique artistique donnant à ma peinture une quelconque nécessité articulée à un projet délibéré, orientée vers un but précis et formulé. Voilà pour le titre de ce premier article : ma peinture est sans enjeu.

L’expression est un peu radicale et dès lors faut-il s’entendre sur les termes. Sans enjeux : essentiellement, cela signifie qu’elle ne s’enracine (mais je sais cela  partiellement faux) dans aucun projet de réponse à ce qu’est aujourd’hui la peinture, à savoir une pratique devenue paradoxalement omniprésente et marginale dans le champ de l’art contemporain. En ce sens elle n’implique aucun positionnement hors de la conviction forgée durant mes années de formation, à l’époque du « retour à la peinture » des années 80, selon laquelle la peinture possède une validité (faut-il dire une légitimité) en tant que peinture.

Pour le dire autrement, si la peinture existe aujourd’hui malgré les réitérations de sa mort annoncée et sa marginalisation de fait dans les circuit d’art contemporain, c’est qu’elle possède une historicité propre, relativement indépendante des formes artistiques dominantes (dont je ne suis pas loin de penser qu’ils n’en sont qu’une extension, considérant la peinture comme pratique la plus élémentaire et primitive de formulation d’un rapport au monde).

Cette réflexion assez banale, Gérard Garouste l’aurait formulée probablement en parlant d’une pratique « intemporelle ».

Et me voici dès ce premier article citant l’artiste probablement le plus représentatif de cette volonté d’échapper au positionnement historique par la revendication d’un classicisme débarrassé de la règle et devenu synonyme de dépassement des catégories critiques au profit d’une légitimité de la peinture, en tant que peinture, que lui donnerait son « intemporalité ». Un positionnement (pour le coup) de Garouste en marge, et en dépit de sa réputation et de sa célébrité, mais que confirme par exemple son absence de l’ouvrage de Tony Godfrey, La peinture aujourd’hui, publié chez Phaidon en 2010 et se présentant comme un examen global des tendances picturales contemporaines et de ses enjeux (justement).

Voici brièvement posées les bases sur lesquelles je tenterai dans des articles prochains de développer mon rapport à la peinture et à ce que je présente sur ce site, en commençant, peut-être, par examiner cette remarque que m’a un jour faite un ami qui se reconnaitra : « toi, tu as toujours eu des comptes à régler avec le classicisme ».

En guise d’ultime remarque : je vois ce blog comme un outil de réflexion et d’échanges, aussi n’hésitez pas à laisser vos commentaires, remarques, contradictions et réactions.

 

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